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Le sport peut-il sauver la planète ?

Le sport peut-il sauver la planète ? du lundi 01 fevrier au dimanche 28 fevrier En ligne

Seghir Lazri travaille sur le thème de la vulnérabilité sociale des athlètes. Dans cette chronique, il passe quelques clichés du sport au crible des sciences sociales ou comment le social explique le sport et inversement.

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Le sport peut-il sauver la planète ?

Seghir Lazri travaille sur le thème de la vulnérabilité sociale des athlètes. Dans cette chronique, il passe quelques clichés du sport au crible des sciences sociales ou comment le social explique le sport et inversement.

Alors que le rapport du GIEC (Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a alimenté bon nombre d’articles dans la presse en ce début de semaine, les manifestations ou les campagnes concernant la protection de l’environnement dans le milieu du sport semblent assez faibles, voire inexistantes. Or si l’on considère le spectacle sportif et sa pratique comme des faits sociaux présents partout sur le globe, on est en droit de se demander si le monde du sport peut s’inscrire pleinement dans un mouvement de sensibilisation aux effets du changement climatique.
Une industrie sportive loin des enjeux écologiques

Si à l’échelle de l’individu, il est clairement impossible de mesurer l’impact que peut générer la pratique d’une activité sportive régulière sur l’environnement, c’est à l’échelle du globe que l’on peut constater que le monde du sport, de par les événements organisés, ne participe guère à la réduction des émissions de CO2. Pourtant, la tendance émanant de nombreuses institutions et constructeurs à concevoir des infrastructures écoresponsables (le futur stade de Ras Abu Aboud au Qatar, totalement écologique, pour 2022) ne représente qu’une démarche chétive face l’augmentation du nombre de compétitions à l’échelle mondiale (donc des déplacements et des transferts de matériaux) et à l’apparition d’édifices sportifs entièrement climatisés. Tout cela contribue à se représenter le monde du sport comme peu réceptif aux enjeux climatiques.

Pire encore, l’entreprise sportive à l’échelle mondiale s’inscrivant parfaitement dans une forme de soft power – construction d’équipements sportifs en échange de matières premières non renouvelables entre certains pays africains et la Chine –, elle participe pleinement à la propagation de cette logique productive, issue de l’économie de marché, accentuant de fait, les risques environnementaux et les inégalités de ressources entre les populations.
 

L’idéologie contre la décroissance

Par ailleurs, même si l’on part de l’idée que la crise écologique se résoudrait par une régulation de la production voire une décroissance, l’esprit sportif qui anime à la fois le simple pratiquant, mais aussi le monde du haut niveau semble ne pas s’inscrire dans ce type de démarche politique et philosophique.
Selon la philosophe française Isabelle Queval, la morale au fondement de la pratique sportive se résume à l’idée du «dépassement de soi». En effet, l’avènement de l’idée de «progrès» entamée par René Descartes, puis prolongée à travers les textes des philosophes des Lumières, tend à faire de l’homme «un maître et possesseur de la nature». Dès lors la pensée grecque (précisément la philosophie aristotélicienne) qui a appréhendé jusque-là, le monde comme fini et clos, se trouve ainsi révolue ; l’homme n’a plus pour exigence de répondre à un ordre naturel des choses, ce qui impliquait une attitude juste, mais au contraire d’en repousser les limites et d’ériger de nouveaux exploits. Ainsi le concept de nature est repensé, il n’est plus un «horizon défini des entreprises humaines», mais plutôt un support sur lequel l’homme peut s’arracher à sa condition.

Le sport, qui est donc apparu au XIXe siècle, théâtralise et idéalise entièrement cette vertu morale du «dépassement de soi». Le sportif se définissant dès lors par sa faculté à s’affranchir sans cesse de ses limites s’inscrit dans une course effrénée où l’accomplissement de soi s’efface au profit d’un dépassement. Si bien que la volonté animant le sportif de haut niveau se retrouve associée à l’idée d’excès, comme nous l’affirme Isabelle Queval, en présentant les propos de Pierre de Coubertin : «L’idée de supprimer l’excès est une utopie de non sportifs». En bref, l’essence du sport de haut niveau conduisant indéniablement à une forme d’excès contribue à se représenter le monde comme un espace infini où les actions humaines permettraient de s’affranchir des contraintes naturelles et des risques.

Révolution sportive et nouvelle perception

Néanmoins, il est intéressant de se demander si de nouvelles pratiques sportives ne nous inviteraient pas à repenser différemment le monde. Le philosophe et essayiste Ollivier Pourriol, au micro de France Inter, reprenait les propos de Michel Serres et nous expliquait que les sports fondés sur la compétition tendraient à disparaître au profit d’autres disciplines en relation directe avec la nature (surf, planche à voile, etc.). De sorte que la confrontation avec la nature nous pousserait à vivre l’expérience de l’humiliation pour mieux la reconsidérer et la respecter. La symbiose entre nos gestes et l’élément naturel, à travers ces nouvelles formes de pratiques, seraient le signe d’un nouvel accomplissement.

En somme, l’histoire des idées nous montre à juste titre que la morale sportive actuelle correspond à une représentation récente du monde et de l’homme, et non éternelle. D’ailleurs, cette problématique climatique nous montre une fois de plus que le sport en tant que reflet d’une société, est un moyen de questionner cette dernière, mais aussi de la transformer.

                                                                        Par Seghir LAZRI

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