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En ligne "Françoise d’Eaubonne, pionnière méconnue de l’écoféminisme"

En ligne "Françoise d’Eaubonne, pionnière méconnue de l’écoféminisme" du jeudi 10 juin au jeudi 24 juin En ligne

Dans L’Amazone verte – Le destin incroyable de la première écoféministe (éd. Charleston, mars 2021), la journaliste Élise Thiébaut raconte le parcours de Françoise d’Eaubonne, une autrice et militante aujourd’hui tombée dans l’oubli, qui posa pourtant les bases de la pensée écoféministe dès les années 1970.

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Françoise d’Eaubonne, pionnière méconnue de l’écoféminisme

Dans L’Amazone verte – Le destin incroyable de la première écoféministe (éd. Charleston, mars 2021), la journaliste Élise Thiébaut raconte le parcours de Françoise d’Eaubonne, une autrice et militante aujourd’hui tombée dans l’oubli, qui posa pourtant les bases de la pensée écoféministe dès les années 1970.

« Avec une société enfin au féminin qui serait le non-pouvoir (et non le pouvoir-aux-femmes) il serait prouvé qu’aucune autre catégorie humaine n’aurait pu accomplir la révolution écologique : car aucune n’y était aussi directement intéressée à tous les niveaux (…) L’être humain serait enfin traité en personne, et non avant toute chose en mâle et femelle. Et la planète au féminin reverdirait pour tous. »

L’extrait que vous venez de lire n’a pas été publié en 2021, mais en 1974. À cette époque, Vandana Shiva fête à peine ses 22 ans, et René Dumont se présente tout juste à l’élection présidentielle française en tant que premier « candidat vert ». Ni l’écologie ni le féminisme ne font l’objet de l’attention médiatique qu’elles connaissent aujourd’hui.

Et pourtant : dans un essai fondateur intitulé Le Féminisme ou la mort, Françoise d’Eaubonne (1920–2005) fait la jonction entre les deux combats. Pionnière du mouvement féministe des années 1970, mais aussi de la décroissance, cette militante aujourd’hui tombée dans l’oubli introduit alors, pour la première fois, le terme « écoféminisme » – et avec lui, l’idée que l’oppression des femmes et la destruction de la planète sont liées. Pour rendre justice à d’Eaubonne et mieux appréhender sa pensée, la journaliste Élise Thiébaut a publié en mars L’Amazone verte – Le destin incroyable de la première écoféministe (éditions Charleston), un portrait passionnant et éclaté, qu’on dévore comme la chronique d’un passé… toujours d’actualité.

Engagement au MLF

C’est d’ailleurs la première chose qui surprend en découvrant le livre. Ni biographie grandiloquente, ni dissertation autour des textes de Françoise d’Eaubonne les plus célèbres (Le Féminisme ou la mort, donc, mais aussi Les Femmes avant le patriarcat ou Les Bergères de l’Apocalypse), L’Amazone verte prend la forme de chapitres à la fois chronologiques et thématiques, qui n’hésitent pas à revenir en détail sur les épisodes historiques qui balisent le parcours de sa protagoniste.

Ainsi de la publication, dès 1947, de son roman à succès Comme un vol de gerfauts, qui lui valu le prix des lecteurs de Julliard mais aussi le ricanement de certains critiques littéraires (masculins), « vexés de voir une jeune femme de vingt-cinq ans manifester une virtuosité sidérante ». Ou encore des actions coup de poing auxquelles elle participa dans le cadre de son engagement au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF), perturbant notamment les conférences du médecin anti-IVG Jérôme Lejeune dans les années 1970.

Quelques chapitres plus loin, Thiébaut explore aussi les zones d’ombre de d’Eaubonne, notamment quand, à l’occasion d’une conférence de l’ONU sur la démographie, celle-ci accuse avec véhémence les femmes des pays du Sud en désaccord avec elle d’être « à la solde de pouvoirs corrompus ». « Le revers de son génie était une profonde immaturité », dit d’elle son fils Vincent, sur lequel Thiébaut s’appuie, entre autres, pour construire son récit.

« Lapinisme phallocratique »

Mais à la lecture de L’Amazone verte on est surtout frappé par la façon dont la pensée de Françoise d’Eaubonne résonne avec la période contemporaine. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Élise Thiébaut la compare tantôt à Virginie Despentes (pour « la crudité, la cruauté mais aussi la complexité d’être femme dans un monde d’hommes » de Je voulais être une femme), tantôt à Greta Thunberg (pour ses alertes répétées sur la catastrophe écologique, « le plus grand péril qui menace dans un avenir très proche notre planète et notre espèce »). L’histoire se répète aussi quand on tombe, au fil des pages, sur les réunions féministes non-mixtes du début des années 1970 à l’université de Vincennes qui suscitent, déjà, un tollé ; ou sur l’enceinte soixante-huitarde d’un théâtre de l’Odéon occupé, comme aujourd’hui, à débattre de «  l’art révolutionnaire ».

« Pour Françoise d’Eaubonne, la priorité de toutes les priorités est que les femmes se réapproprient leur corps et leur choix de procréer ou non »

Élise Thiébaut, journaliste, autrice du livre L'Amazone verte

Mieux : l’argument que défend Françoise d’Eaubonne autour de la natalité permet de dépasser les injonctions de toutes sortes qui s’exercent depuis longtemps sur ce sujet (le patriarcat exigeant des femmes qu’elles aient des enfants pour qu’elles se conforment à leur « rôle social », le néo-malthusianisme exigeant qu’elles n’en aient pas pour « réguler » la planète, etc.). Défendant une approche globale, qui permettrait de « reprendre le contrôle », d’Eaubonne estime qu’en s’appropriant le corps des femmes et en leur imposant la procréation, le « système mâle », qu’elle appelle aussi le « lapinisme phallocratique » (épithète dont on lui doit, une nouvelle fois, l’invention), a conduit à une surpopulation qui elle-même entraîne la surproduction, dans une course à l’« illimitisme » insensée.

C’est pourquoi elle fonde en 1978 le mouvement de réflexion Écologie-féminisme qui, comme elle l’écrira elle-même plus tard, « estimait utile de confier les soins du sauvetage planétaire au courant de libération des femmes – non en vertu de “valeurs féminines” plus ou moins imaginaires, mais de la part spécifique que la patriarcat réserve au deuxième sexe ». Pour elle, « la priorité de toutes les priorités est que les femmes se réapproprient leur corps et leur choix de procréer ou non », résume Élise Thiébaut à propos de celle qui, décédée en 2005, n’aura hélas pas vécu assez longtemps pour assister à la déferlante #MeToo.

                                       Pablo Maillé, Usbek & Rica

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