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Féminisme et écologie, un lien « naturel » ?

Féminisme et écologie, un lien « naturel » ? du samedi 24 octobre au lundi 30 novembre En ligne

Les femmes sont-elles plus « vertes » que les hommes ? Ont-elles un rapport particulier à la nature, ou un point de vue privilégié sur les problèmes d’écologie ?

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Augmentation des accouchements à domicile, odes à l’allaitement…

Ces dernières années, la montée en puissance de l’écologie a modifié la façon d’envisager la maternité. Au-delà des remises en cause de la surmédicalisation ou des lobbies industriels, on voit parfois poindre l’idée controversée d’une « nature féminine ». Un débat qui, aux Etats-Unis, dure depuis déjà vingt ans.

Les femmes sont-elles plus « vertes » que les hommes ? Ont-elles un rapport particulier à la nature, ou un point de vue privilégié sur les problèmes d’écologie ? Ces dernières décennies, des femmes qui se disent féministes ont répondu à cette question par l’affirmative.

En fait, cette position date pratiquement de l’apparition du mouvement écologiste moderne. En 1968, dans son livre La Bombe P (1), Paul Ehrlich estimait que la surpopulation menait la planète à sa perte. La meilleure chose que l’on pouvait faire pour la Terre, affirmait-il, était de refuser de se reproduire. Quelques années plus tard, une féministe radicale française, Françoise d’Eaubonne, constatait que la moitié de la population n’avait pas le pouvoir de faire ce choix : les femmes ne contrôlaient pas leur fertilité. Le « système du mâle », comme elle l’appelait, les voulait pieds nus, enceintes et proliférantes.

Mais, disait d’Eaubonne, les femmes pouvaient et devaient riposter en exigeant la liberté de reproduction : l’accès facile à l’avortement et à la contraception. Voilà qui allait les émanciper tout en sauvant la planète de la surpopulation. « Le premier rapport de l’écologie avec la libération des femmes, écrit-elle, est la reprise en main de la démographie par celles-ci, ce qui définit la réappropriation du corps (2). » Dans son livre paru en 1974, Le Féminisme ou la mort, elle donnait à cette idée le nom d’« écoféminisme ».
Les défenseurs américains de l’environnement reprirent son propos, mais ils lui donnèrent un sens différent. Ils se souvinrent que l’auteur de Silent Spring, l’ouvrage qui inspira l’écologisme en 1962, était une femme : Rachel Carson (3). Ils observèrent que les femmes prenaient désormais la tête de manifestations contre les centrales nucléaires ou contre les déchets toxiques — comme Mme Lois Gibbs à Love Canal, dans l’Etat de New York. Une femme, Donella Meadows, figurait parmi les auteurs de l’influent rapport Halte à la croissance ? (4), paru en 1972. Petra Kelly était l’une des figures de proue des Verts allemands. Au Royaume-Uni, un groupe dénommé Women for Life on Earth (« Les femmes pour la vie sur Terre ») organisa un « camp de la paix » sur la base aérienne de Greenham Common pour protester contre le déploiement de missiles de croisière par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).
De nombreuses participantes se proclamaient écoféministes ; mais cela ne s’inscrivait pas dans une lutte pour la liberté de reproduction. On commença à voir un rapport particulier entre les femmes et la nature. Lequel se manifestait dans la langue même : les mots « nature » et « Terre » sont du genre féminin, les forêts sont « vierges », la nature est notre « mère », qui est « la plus sage ». Les femmes peuvent être des enchanteresses « sauvages ».


Une insulte transformée en compliment

Par contraste, les forces qui tentaient de « dompter la nature » et de « violer la Terre » étaient celles de la science, de la technologie et de la raison : autant de projets masculins. Il y a des millénaires, Aristote définit la rationalité comme masculine ; les femmes, pensait-il, étaient moins aptes à raisonner et, de ce fait, moins humaines. Au cours des deux millénaires qui suivirent, la culture européenne avait considéré les femmes comme intellectuellement déficientes, et, suivant en cela les préceptes de la Genèse, avait cherché à dominer la Terre. Puis les Lumières, autre projet apparemment masculin, avaient trouvé de nouvelles manières de ravager la nature au moyen de la science, de la technologie et des usines. Les auteurs de cette destruction de l’environnement étaient des hommes qui réduisaient la nature à un ensemble de ressources qu’ils pouvaient exploiter et transformer en marchandises. Le projet des Lumières, en cherchant à soumettre la nature tout en glorifiant la raison, détruisait la planète, selon la philosophie du New Age et de l’écoféminisme. Telle était la thèse d’auteurs comme Frijtof Capra ou Charlene Spretnak (5).

Mais les femmes, disaient les féministes des années 1970, avaient les mains propres. Et le monde avait besoin de moins de rationalité destructrice de la nature ; si les femmes étaient plus intuitives et plus émotionnelles que les hommes, c’était formidable : elles étaient l’antidote. Ayant le sentiment d’être liées aux rythmes de la nature, elles comprenaient intuitivement l’interconnexion entre celle-ci et les êtres humains. La parade à la destruction de l’environnement tenait précisément à ce lien particulier. Ainsi, identifier les femmes à la nature devint un projet positif, qui les élevait au rang de gardiennes du message écologiste. Cette démarche se trouva légitimée par les travaux de la psychologue Carol Gilligan, qui suggérait que le développement moral spécifique des femmes en faisait les porteuses d’une « éthique du soin des autres (6) », ou care (7). Certaines, comme Mary Daly, allèrent jusqu’à suggérer que la nature était une déesse, immanente dans toutes les créatures vivantes, et que les femmes participaient de son essence (8).
Les féministes, elles, celles qui se battent pour faire progresser leurs droits, ont été horrifiées. L’écoféminisme, se sont-elles récriées, trafique des stéréotypes patriarcaux : il s’est emparé d’une insulte très ancienne, présentée cette fois comme un compliment. Ces stéréotypes avaient servi à justifier, au XIXe siècle, l’idéologie des « sphères séparées », qui avait borné à l’univers domestique les choix de vie des femmes, tout en dorant les barreaux de leur cage d’hommages dithyrambiques à leur supériorité morale. L’écoféminisme était une réédition de ces clichés oppressifs. Tout remis à neuf et « verdis » qu’ils étaient, ces derniers n’avaient pas leur place dans la lutte féministe ; ils ouvraient tout simplement la porte à une nouvelle itération de la « mystique féminine ». Et, en réalité, dans les années 1970, nombre de défenseurs de l’environnement étaient des hommes : MM. Denis Hayes, David Suzuki, Ralph Nader, Paul Watson, ou encore David Brower, Lester R. Brown, Barry Commoner, E. F. Schumacher, Murray Bookchin, Amory Lovins.
Entre-temps, les écoféministes occidentales s’étaient intéressées au tiers-monde, où des projets de développement financés par la Banque mondiale étaient en voie de réalisation. Des ingénieurs construisaient des barrages sur des fleuves pour produire de l’énergie hydraulique et, ce faisant, dévastaient nombre de communautés. L’agro-industrie transformait des terres cultivées depuis longtemps de manière durable en monocultures, produisant des récoltes uniquement destinées à être exportées sur le marché mondial. On abattait des forêts qui fournissaient aux villageois des fruits, du combustible et des matériaux destinés à l’artisanat, et qui avaient protégé les eaux souterraines et les animaux. Ce « maldéveloppement », comme l’appelèrent ses opposants — un capitalisme international exploiteur, débridé —, détruisait non seulement les forêts, les fleuves et les terres, mais également des communautés et des modes de vie écologiquement durables.
Des peuples autochtones luttaient contre ces dévastations. Dans le nord de l’Inde, tout particulièrement, lorsqu’une compagnie envisagea de se livrer à l’exploitation forestière, les femmes du village s’y opposèrent en étreignant physiquement les arbres pour empêcher qu’ils ne soient abattus. Dans la décennie suivante, leur mouvement, qui prit le nom de Chipko, gagna tout le sous-continent.
Le mouvement Chipko enflamma l’imagination des écoféministes occidentales, et la réalité des faits sociaux vint étoffer la mystique femme-Terre. Dans les zones rurales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, expliquèrent Vandana Shiva et d’autres, les femmes sont les jardinières et les horticultrices ; elles possèdent une connaissance profonde des processus de la nature. Le « maldéveloppement » masculin n’accorde de valeur aux ressources qu’en tant que marchandises potentielles dans l’économie de marché ; mais les femmes autochtones savent qu’il faut respecter ces ressources pour que les générations futures soient assurées d’en disposer. Par conséquent, les femmes accordent instinctivement une plus grande priorité à la protection de l’environnement naturel.
La fascination de l’écoféminisme pour le mouvement Chipko confinait à une idéalisation de l’agriculture vivrière. Que dire des femmes qui aspiraient à l’éducation, à une vie professionnelle et à une pleine citoyenneté politique ? Les écoféministes semblaient préférer qu’elles demeurent dans leurs anciens rôles, pieds nus et jardinant. Et elles négligeaient le fait que des hommes étaient également impliqués dans le mouvement Chipko...
Toutefois, cet intérêt a eu pour mérite de mettre en lumière les façons particulières dont la destruction de l’environnement affecte les femmes. Lorsque des terres agricoles productives sont converties à la monoculture, celles-ci, qui pratiquent massivement l’agriculture de subsistance, sont transférées sur des coteaux où les terres sont moins fertiles, ce qui entraîne la déforestation et l’érosion des sols et les voue à la pauvreté (9).
Le changement climatique frappe également les femmes au premier chef : l’infériorité de leur statut et de leurs différents rôles sociaux accroît leur vulnérabilité aux tempêtes, incendies, inondations, sécheresses, canicules, maladies et pénuries alimentaires. Chaque année, selon un rapport du Women’s Environmental Network (WEN), une organisation basée au Royaume-Uni, plus de dix mille femmes trouvent la mort dans des désastres liés aux bouleversements du climat, contre quatre mille cinq cents hommes. Les femmes représentent 80 % des réfugiés de catastrophes naturelles ; sur vingt-six millions de personnes qui ont perdu leur habitation et leurs moyens d’existence en raison du changement climatique, vingt millions sont des femmes (10).
En 1991, au Bangladesh, par exemple, quand un cyclone a chassé les habitants de leurs foyers, cinq fois plus de femmes que d’hommes ont péri. Leurs vêtements ont entravé leurs mouvements ; elles sont restées trop longtemps chez elles à attendre qu’un parent masculin les accompagne, tandis que les hommes, qui se trouvaient dans des lieux plus ouverts, se prévenaient mutuellement du danger, parfois sans en avertir les femmes restées à la maison.
Et là où le statut social des femmes est plus proche de celui des hommes, selon WEN, les femmes pauvres sont plus vulnérables à la montée des prix des denrées alimentaires, aux vagues de chaleur et aux maladies qu’entraîne la destruction de l’environnement.

 

Revenir aux « sphères séparées » ?

Aux Etats-Unis, l’interprétation romantique du rapport femme-nature a connu récemment une autre renaissance après l’effondrement financier provoqué par la cupidité de Wall Street : « Les femmes s’orientent vers des relations et des stratégies à long terme qui donnent la priorité aux générations futures », écrit Shannon Hayes dans son livre consacré aux radical homemakers (« femmes au foyer radicales ») (11). Ces nouvelles incarnations de la Terre mère renoncent aux avantages économiques qu’auraient pu leur procurer un haut niveau d’éducation et une carrière professionnelle : elles choisissent de rester à la maison pour s’occuper de leur famille et donner à leurs enfants une nourriture saine à partir des aliments savoureux qu’elles font pousser dans leur jardin. Elles cultivent leurs relations avec les autres, privilégient la simplicité et l’authenticité. Autosuffisant, leur foyer est un filet de sécurité contre un éventuel désastre économique. Et leur bilan carbone est très faible. Elles parviennent ainsi à s’épanouir sur le plan personnel et à donner un sens à leur vie — du moins à première vue.
La défense de l’environnement existe depuis assez longtemps pour que les chercheurs en sciences sociales aient pu mener des études suivies sur l’attitude respective des hommes et des femmes par rapport aux questions d’écologie et relever d’éventuelles différences. Depuis les années 1980, une majorité d’entre eux sont parvenus à la conclusion que, dans les pays industrialisés, les femmes sont effectivement plus préoccupées que les hommes par la destruction de l’environnement.
Selon certaines études, elles ont bien une empreinte carbone plus faible. Un rapport suédois indique que les hommes participent au réchauffement climatique de façon disproportionnée par rapport aux femmes, car ils conduisent sur des distances plus importantes : la circulation automobile en Suède est imputable aux trois quarts à des hommes (12).
Quid de l’action politique suscitée par les questions d’environnement ? Au niveau national, selon l’Institute for Women’s Policy Research, la participation et le rôle dirigeant des femmes sont plus faibles que ceux des hommes ; la direction des grandes organisations écologistes nationales est essentiellement masculine. Mais au niveau local, dans les groupes constitués pour combattre une menace particulière contre l’environnement, la santé ou la sécurité de la communauté, la participation des femmes, en tant que membres et en tant que meneuses, est plus importante que celle des hommes. Près de la moitié de tous les groupes de citoyens qui se sont formés en réaction à des désastres écologiques, comme des émissions dangereuses provenant d’usines ou des incidents nucléaires, sont dirigés par des femmes ou majoritairement féminins.
Mais faut-il considérer tous ces faits comme les preuves d’une différence essentielle, en ressuscitant les stéréotypes patriarcaux ? Faut-il accepter que les hommes dominent à la tête des mouvements écologistes nationaux, ou que les femmes assument seules les tâches liées au soin des autres ? Et que penser de ce manque de reconnaissance que des femmes s’infligent à elles-mêmes au nom du féminisme ?
Car le risque est d’en revenir aux « sphères séparées ». Même pour les « femmes au foyer radicales », la sphère domestique finit par perdre de sa gaieté, comme le souligne l’essayiste féministe Peggy Orenstein, si leurs compagnons n’y sont pas impliqués à part égale. « Si [les femmes] ne vivent pas cela comme une relation véritablement égalitaire », met-elle en garde, elles peuvent ressentir « une perte du respect d’elles-mêmes, une perte de vitalité et une incapacité à se réinsérer dans le monde et à trouver leurs repères (13) ». Lorsque les hommes gagnent presque tout l’argent du ménage et que les femmes s’occupent presque seules du foyer, il en résulte un déséquilibre du pouvoir au sein des familles qui nuit aux femmes et aux enfants. Un changement véritable, c’est-à-dire autant social qu’écologique, peut-il s’opérer sans que l’on s’en préoccupe ?
                                                                                                                                     
Par Janet Biehl
Militante de l’écologie sociale, Burlington (Vermont, Etats-Unis). Auteure de Rethinking Eco-feminist Politics, South End Press, Cambridge (Massachusetts, Etats-Unis), 1991.
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