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Laïcité(s), histoire d’un concept voyageur

Laïcité(s), histoire d’un concept voyageur mardi 31 mars à 18h00 à l'Institut français d'Alger

Par Philippe Portier, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (Paris-Sorbonne), chaire « Histoire et sociologie des laïcités », et dont il est membre du Conseil scientifique.

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Tous les pays européens ont connu la même aventure démocratique. Entre le XVIIIème et le XXème siècle, ils ont les uns et les autres, portés par l’idéologie des Lumières, mis en place une nouvelle intelligence du politique, dont le propre est d’avoir soustrait le règne des hommes à la loi divine. Cette « sécularisation » s’est opérée sur le fondement d’une double rupture. L’une concerne la conception du sujet. Dans le temps
de la religion, l’homme est conçu comme une « créature» de Dieu, en situation de dépendance vis-à-vis de l’Etre qui l’a porté à l’existence.
Avec la modernité, il devient, selon la formule de Thomas Hobbes, « un Dieu pour lui-même », désormais livré à ses seules déterminations.

L’autre regarde la conception du pouvoir. On le pensait naguère comme l’expression même de la volonté divine. L’Etat devait se fixer nécessairement, dans le respect de l’ordre divin-naturel. Rien de tel dans l’ordre nouveau des choses. Rapportée dorénavant à son origine humaine (le « contrat social »), l’autorité politique
s’assigne, d’ouvrir à ses assujettis, en protégeant les libertés premières dont ils disposent, la possibilité de construire à leur gré, les normes de leur existence terrestre.
En Europe, cette dissociation du politique d’avec l’ordre divin ne s’est pas incarnée partout cependant dans les mêmes formes pratiques. Les histoires nationales ont pesé en la matière.

 

Conférence initialement programmée pour le mardi 16 décembre 2014, elle a été reportée au mardi 31 mars 2015