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La révolte de Margueritte

Comment un événement "minuscule" (la révolte de paysans à Margueritte - Aïn Torki -), survenu au début du XXe siècle, nous instruit sur les "occasions perdues" de la colonisation.

 

 

Conférence à l'Institut français d'Alger (19/10/2013). Version intégrale. Dans une Algérie réputée «pacifiée» depuis l’écrasement des grandes insurrections des années 1871-1881, le petit centre de colonisation de Margueritte est, en avril 1901, le lieu d’une brève révolte qui fait cinq morts parmi les Européens. Se voulant «exemplaire», la répression donne lieu à de brutales représailles, défère aux Assises plus de cent inculpés, envoie au bagne de Cayenne une dizaine d’entre eux. Sous le choc, l’opinion métropolitaine doit, pour la première fois, s’interroger sur les méthodes de la colonisation. Et puis, bien vite, tout recommence comme avant…

Nourrie de nombreuses archives, la chronique de ce «micro-événement» offre un éclairage inédit sur les contradictions qui minaient la société coloniale. La manière dont, déjà, le soulèvement de 1901 mêle exaspération économique, manifestation d’identité religieuse et défi politique trouve aussi une singulière actualité face aux aspirations nouvelles se manifestant dans les pays arabes. Elle permet également de mesurer ce qui sépare une «révolte» comme protestation collective, de la déraison du terrorisme individuel.

Christian Phéline, ancien coopérant au ministère de l’agriculture et de la réforme agraire algérien, est conseiller à la Cour des comptes.

 

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